Une saison qui débute avec des records de chaleur et de précocité
Jeudi 25 juin 2026, Angers fut pendant quelques instants la ville la plus chaude du monde ! Une réalité qui aurait sans doute laissé sans voix nos arrière-arrière grands-parents, fondateurs du Domaine en 1890. Avec un thermomètre qui grimpe à 42 degrés, nos vignes habituées à la Douceur Angevine apprécient moyennement. Cette canicule dans le vignoble digne des déserts les plus arides, nous met vignerons devant une réalité implacable. Le réchauffement climatique est déjà là, dans les scénarios les plus extrêmes. C’est une nouvelle donne, on le savait déjà la vigne démarrait plus tôt depuis 10 ans. Aujourd’hui elle est soumise à des températures estivales qui éprouvent sa nature même. Face au changement, le temps est à l’adaptation.
Mais les vignes, qui poussaient déjà dans les plaines gorgées de soleil aux confins de l’Europe et de l’Asie Mineure il y a 8000 ans, sont résilientes. Elle doivent cette résistance naturelle à la capacité de leur système racinaire à puiser l’eau en profondeur, là où le sous-sol conserve encore quelques précieuses réserves. Rappelez-vous, il y a 4 mois, la Loire, le Layon et La Maine s’unissaient dans une crue historique…

Notre mission, accompagner la vigne pour surmonter ces épisodes caniculaires à répétition.
Quant à nous, nous adaptons nos pratiques. Là où l’effeuillage était presque systématique il y a 20 ans, afin de favoriser la maturation des raisins en les exposant davantage au soleil, nous conservons aujourd’hui précieusement ce feuillage. Véritables ombrelles naturelles, les feuilles protègent les grappes des brûlures du soleil et des fortes chaleurs.
L’adaptation se fait aussi pour l’homme. Avec la canicule dans le vignoble, nous aménageons des horaires en décalé. Les équipes travaillent en matinées élargies, pour bénéficier de la relative fraîcheur de l’aube (22 degrés), et éviter le soleil de plomb de l’après-midi.

A quoi s’attendre pour le millésime 2026 ?
Difficile d’apporter une réponse, même si la précocité de la vigne nous fait envisager des vendanges à nouveau très précoces. Forte chaleur et canicule dans le vignoble ne signifient pas maturité parfaite. Le risque pour le millésime consiste à voir la vigne se bloquer, et privilégier sa survie et son métabolisme propre, quitte à sacrifier un peu de jus. Petits raisins = petite production !
Il reste encore plusieurs semaines avant les vendanges. Si l’eau revient au bon moment et en quantité raisonnable, la vigne saura mettre à profit ses ressources pour mener les raisins vers une belle qualité. Comme souvent, la qualité du millésime se jouera dans les semaines à venir.

